Nettoyage des recyclés: MRR adopte Kiverco

Sous l’enseigne BdN Matériaux, la plateforme Matériaux Recyclés de Ronchin, réceptionne et valorise depuis près de quatre ans des déchets inertes de chantiers. Son process, issu de la mise en commun des moyens humains et matériels des sociétés STLM et Briqueterie du Nord, vient d’évoluer avec l’acquisition d’un atelier Kiverco, livré par TP Environnement. Un ensemble tri aéraulique et table de tri, modulaire et mobile, qui ouvre de nouvelles perspectives à ses exploitants.

 

A l'interieur du centre de tri

La plateforme Matériaux Recyclés de Ronchin est né en 2014 de la conjonction des moyens humains et matériels des entreprises STLM et Briqueterie du Nord pour le recyclage de matériaux dans le Nord de la France. D’un côté STLM est une entreprise de terrassement, travaux publics et transport et de l’autre la société Briqueterie du Nord, est un acteur régional historique dans les matériaux de construction.

« Nous sommes amenés à évacuer les déblais de nos propres chantiers ainsi que ceux de nos clients pour notre activité de transport », explique Antoine Lefranc, Pdg de STLM. « Face à l’émergence des problématiques concernant l’enfouissement des déchets, afin de gagner une certaine indépendance pour la fourniture de granulats et devant la montée en puissance des solutions de recyclage nous nous sommes rapprochés de Briqueterie du Nord pour développer une activité de recyclage des déchets de chantier ». Une initiative aussi motivée par la présence parmi les clients STLM de constructeurs de pavillons neufs, gros producteurs de déchets de construction tant en gros œuvre (sable, parpaings, briques, bétons, ferrailles…) qu’en second œuvre (isolants, plâtrerie, bois, PVC, cartons et plastiques d’emballage, etc). « Nous développons auprès de ces clients une prestation de nettoyage de chantier qui nous amène à collecter tous ces déblais en mélange. Nous estimons qu’il est économiquement et écologiquement plus intéressant de trier et valoriser au mieux ces déchets plutôt que de les enfouir dans des décharges », reprend Antoine Lefranc.

Kiverco DS150Une démarche croisée avec celle de Briqueterie du Nord, fabricant centenaire de briques sur le nord de la France en quête de diversification de ses activités et de valorisation de son foncier. « Nous accueillons sur nos carrières les déchets inertes du BTP depuis quelques décennies », explique Gilles Bernard, Pdg de Briqueterie du Nord.

« Nous faisons face à l’évolution du marché par la modernisation de notre outil de production et la diversification de nos activités. C’est ainsi que sous l’enseigne BdN Matériaux, nous déployons nos activités de négoce de matériaux, de transport et de recyclage de déchets du BTP. » Un déploiement qui se base sur cinq plateformes autour de l’agglomération lilloise. Avec un million de tonnes manipulées par an, ces sites servent à la collecte et au recyclage des déblais inertes de chantier dans les meilleures conditions. « Ces déchets sont stockés et revalorisés afin de les réutiliser sur les chantiers », décrit Gilles Bernard.

« Les opérations de recyclage consistent, selon les matériaux entrants, à trier, chauler, malaxer, cribler ou concasser. Cela offre une large palette de matériaux recyclés pour des usages variés. De plus, les clients peuvent profiter de la logique du double fret : venir déposer des déchets inertes ou DND et repartir avec des matériaux à consommer sur leurs chantiers. Cela optimise leurs temps et coûts de transport et limite la pollution. » Les cinq plateformes du dispositif BdN Matériaux, classées ICPE, sont exploitées dans un souci constant du respect de l’environnement.

Fin de la ligne de tri reducedParmi ces plateformes, on trouve le site MRR de Ronchin. Outre son activité de négoce pur qui lui permet de vendre 25 000 à 30 000 t de matériaux de carrières par an, la plateforme de Ronchin traite des terres végétales de terrassement, concasse et crible des matériaux de voiries et reçoit 10 000 m3 de DND. « La part de ce type de déchets augmente régulièrement, ce qui nous pousse à améliorer au fur et à mesure leur process de tri et de valorisation », poursuit Olivier Drelon, responsable d’exploitation de la plateforme MRR. C’est pourquoi le site s’est récemment équipé auprès de TP Environnement d’un atelier complet de tri et de nettoyage des granulats. « De quoi faire face à l’augmentation progressive des volumes à traiter tout en répondant aux exigences de plus en plus importantes des clients vis-à-vis des granulats recyclés », explique Olivier Drelon. « Avec cet atelier, nos granulats recyclés n’ont plus qu’un très faible pourcentage d'éléments parasites. Ils sont quasiment aussi propres que les granulats de carrière ».

C’est le résultat d’un process complet. Après un pré-tri des DND avec une pelle Case CX180 équipée d’une pince de tri Arden Equipment, un scalpeur McCloskey 105 réalise une première séparation des éléments 0/30, 30/100 et supérieurs à 100. Les fins vont à l’enfouissement tandis que les deux autres fractions sont respectivement dirigées vers un tri aéraulique et une cabine de tri pour un nettoyage et une valorisation optimale. « Pour le nettoyage de la fraction intermédiaire, nous utilisons le séparateur aéraulique et densimétrique Kiverco DS150 Compact, conçu pour séparer les fractions lourdes et légères », reprend Olivier Drelon. « Cette machine de décontamination rapide des matériaux peut travailler jusqu’à un débit de 100 t/h. Elle exploite un tambour de séparation à vitesse de rotation fixe et une double recirculation des flux d'air en boucle fermée pour réduire l'émission de poussière », décrit Damien Stoeux, directeur de TP Environnement, distributeur Kiverco sur le nord de la France. « Pour optimiser ses performances, ce séparateur utilise deux souffleries jumelées, à vitesse variable, de 11 kW de puissance unitaire. Les matériaux inertes sont ainsi débarrassés des particules polluantes légères comme les papiers, plastiques, carton, polystyrène, petits bois, etc. » Avec un réglage indépendant du débit de flux d'air et de l'orientation des buses, un ajustement vertical et horizontal du convoyeur d'accélération, des trappes de visualisation du processus de séparation, chaque exploitant peut adapter précisément le process à la nature du flux passant. « Une benne de 30 m3 réceptionne tous les déchets légers qui sont éliminés par la suite. Ce système nous permet de récupérer une fraction 30/80 propre qui est directement destinée à la vente », se félicite le responsable d’exploitation de la plateforme.

Par ailleurs, le process de valorisation de la fraction supérieure à 100 fait appel à un autre dispositif Kiverco : une cabine de tri PS 122 (MPS 1200 c’est l’ancienne dénomination). « A l’entrée de cette cabine, une soufflerie permet elle aussi d’éliminer du flux les éléments les plus légers », poursuit Olivier Drelon. La fraction lourde poursuit son chemin sur le tapis (à vitesse réglable) et passe dans la cabine de tri prévue pour 1 à 4 opérateurs qui font un tri manuel pour ôter des granulats le bois, les non ferreux, les plastiques lourds, etc. En sortie de cabine, un ultime overband magnétique élimine les éléments métalliques avant la mise en stock des granulats 100/300 nettoyés. Ces derniers sont ensuite concassés dans un concasseur à mâchoires McCloskey J40 qui façonne un granulat tout-venant 0/80.

« Nous apprécions la conception robuste et simple de ces machines qui demandent peu d’entretien. Néanmoins, en cas de besoin, nous savons pouvoir compter sur la qualité de service TP Environnement, voire sur l’atelier de l’entreprise STLM pour l’entretien courant », avance le responsable d’exploitation. Dernière chose importante, l’exploitant insiste sur la modularité et la mobilité de son atelier de nettoyage des granulats. C’est ainsi que la version mobile du séparateur aéraulique Kiverco DS150 bénéficie d’un déploiement hydraulique du convoyeur latéral pour matériaux lourds et de vérins intégrés dans les quatre pieds de stabilisation, ce qui assure une mise en œuvre rapide et autonome. « Cet ensemble peut être transporté sur camion avec remorque plateau surbaissé et sans grue de manutention », ajoute Damien Stoeux. « Et c’est la même chose pour la cabine de tri Kiverco PS 122 / MPS 1200. » « L’idée est de massifier les volumes de DND à traiter et de réaliser des campagnes sur différentes plateformes », avance Olivier Drelon avant de conclure : « Ce process est totalement modulaire, nous sommes également donc capables de projeter telle ou telle machine sur des chantiers ponctuels selon nos besoins ou ceux de nos clients. » De quoi optimiser l’exploitation des matériels et assurer le développement de l’activité de production de granulats recyclés pour BdN Matériaux et son partenaire STLM.

Hubert de Yrigoyen


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